A travers l’analyse des situations d’Informations Préoccupantes vécues par les familles concernées par l’autisme, on réalise que l’ensemble du système de protection de l’enfance se montre inadapté aux fonctionnements atypiques, et les considère d’emblée comme mettant l’enfant en danger.

Les difficultés dans les interactions sociales, les attendus en communication, le développement d’un système en dehors des institutions pour permettre le diagnostic et les prises en charge, sont autant de biais ne permettant pas aux travailleurs sociaux de comprendre de manière éclairée ces situations. Cette incompréhension, est de plus aggravée par la provenance la plus courante des Informations Préoccupantes : le système scolaire et le service public de santé mentale, qui de par leurs rôles institutionnels, vont conforter l’idée d’un danger existant, ne laissant que peu de chance aux familles d’être entendues. Enfin, dans le travail social,  l’absence, non seulement de formation, mais également de moyen de se former, la présence de nombreuses théories psychanalytiques dans l’enseignement du développement de l’enfant, ne permettent pas de construire une grille d’analyse efficiente en matière d’autisme. L’absence de nuances dans la détection des signes de maltraitance, vient compléter ce  sombre tableau.

En résumé, la famille concernée par l’autisme, n’a que peu de chance à la fois d’échapper à une Information Préoccupante, et à la fois de pouvoir démontrer, lors de l’évaluation de celle-ci, qu’elle n’est, malgré des signes considérés comme évidents, pas maltraitante.

Une mission d’information sur l’Aide Sociale à l’Enfance, créée le 5 mars 2019, se propose de travailler, entre autres, sur les sujets de formation des personnels, ou sur l’application des mesures éducatives. Il semble que le sujet des placements abusifs en matière d’autisme, à tout intérêt à recueillir son attention. En effet, des évolutions s’avèrent nécessaires pour le bien de nombreux enfants et de leurs familles.

Quelques propositions :

  • La formation des travailleurs sociaux déjà sur le terrain,  avec notion d’obligation pour pouvoir continuer à évaluer les Informations Préoccupantes.
  • L’exigence d’un module complémentaire permettant l’évaluations des Informations Préoccupantes, la formation classique étant nettement insuffisante; cette formation DOIT être conçue et validée entre autres par des associations de parents, des professionnels reconnus dans le champ de l’autisme et des travailleurs sociaux connaissant les réalités du terrain de l’évaluation des Informations Préoccupantes.
  • Une réflexion sur la façon d’aborder les théories psychanalytiques en formation, à ne plus présenter que comme repère historique.
  • Concernant  tous les enfants déjà placés pour carences affectives/éducatives : la  mise en place d’une évaluation au cas par cas permettant la détection, d’éventuels troubles pouvant avoir été confondus avec des signes de maltraitance
  • Créer un guide de l’Information Préoccupante à  expliciter et remettre à chaque famille concernée : quels sont les droits de chacun, qu’attend-on de l’évaluation, quels sont les risques et les solutions, quel est le calendrier d’évaluation, ou toute autre information permettant aux familles à la fois de comprendre les enjeux et de faire baisser en partie l’anxiété induite par ce contexte.

Un commentaire sur « L’autisme à l’épreuve de la protection de l’enfance : Conclusion »

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